Un cocktail, des Cocteau …

Affiche musée Cocteau à Menton

Comme on le sait, un cocktail est à la fois une réception mondaine et une boisson, souvent capiteuse, issue du savant mélange de divers alcools, jus de fruit ou sirops. La Griotte, qui comme son idole, Oscar Wilde, ne sait résister à la tentation qu’en y cédant, ne dit jamais non à une petite caïpirinha dégustée à une terrasse baignée de soleil, face à la mer ; caïpirinha dégustée avec modération, bien sûr, car dès la deuxième gorgée, la Pomponette Griotte est pompette ! Foin de digressions alcoolisées, ce n’est pas de cocktails mondains que la Griotte voudrait vous parler mais du mondain Cocteau.

Dandy de grand chemin et brillant causeur de salons, Cocteau prisait certes les mondanités en esthète du verbe, mais c’est surtout par le cocktail étourdissant de ses talents protéiformes qu’il aura marqué son époque : cinéma, dessin, roman, tapisserie, photo, critique, peinture, poésie, théâtre… aucun domaine n’a échappé à son intarissable créativité. Patron, une tournée !

Cocteau par Modigliani

A l’instar d’autres immenses artistes, Jean Cocteau a parsemé la Côté d’Azur de pépites qui sont autant d’étincelles d’espoir au cœur des heures sombres de l’Histoire avec sa grande hache :

Picasso, Matisse, Chagall, moi-même, sur cette côte où vivait Renoir, nous avons essayé de vaincre l’esprit de destruction qui domine l’époque, nous avons orné des surfaces que les hommes rêvent de démolir. Peut-être, que l’amour de notre travail les protègera contre les bombes ».

C’est tout naturellement à Menton qu’un musée Jean Cocteau a été inauguré en novembre 2011.

Tout naturellement, car le poète a entretenu une relation privilégiée avec la cité du citron dont il est devenu citoyen d’honneur à la fin des années 50. Au hasard d’une promenade sur la jetée du port, « les poings dans ses poches crevées » (depuis Ma Bohème de Rimbaud, un poète, fût-il à l’apogée de la reconnaissance, a toujours les poches crevées), Cocteau a découvert le Bastion, un ancien fortin du XVII° siècle. Il a alors décidé, en accord avec le maire de l’époque, de rénover le bâtiment qui deviendra son mémorial. Les vitrines en fer forgé, les céramiques zoomorphes et les mosaïques portent la griffe de l’artiste malheureusement disparu en 1963 avant l’achèvement de l’ouvrage.

Musée Jean Cocteau à Menton

L’an dernier, La Griotte musardait à Menton, les poings dans ses poches crevées (si, si ! La Griotte est une poétesse !), quand elle avait émis des doutes sur l’architecture du futur musée Cocteau alors en construction au début du quai de Monléon. Une fois n’est pas coutume, force lui est de reconnaître aujourd’hui son erreur : l’œuvre de Rudy Ricciotti est une réussite. Sobre et audacieux, ce bâtiment, qui ne dépasse pas 4,50 m, ne dénature pas la beauté du lieu ; de plain-pied, ajouré par de grandes baies vitrées en verre fumé, il est également doté d’un grand espace d’exposition en sous-sol.

Cocteau – Autoportrait sans visage

Grâce à la donation Severin Wunderman, le musée Cocteau est tout simplement la plus importante ressource publique mondiale de son œuvre. La donation compte en effet 1800 œuvres dont 990 œuvres de Jean Cocteau. La Griotte s’est ainsi délecté des tableaux, dessins, céramiques, tapisseries, bijoux, photographies, documents sonores et extraits de films qui y sont présentés au fil d’une scénographie un peu froide mais très élégante. Un véritable panorama de l’œuvre complète de Jean Cocteau : toutes les périodes y sont représentées, depuis les premiers autoportraits des années 1910 jusqu’à la période « méditerranéenne » de la fin de sa vie, peu connue du grand public.

Last but not least, quelques Picasso, Modigliani ou Foujita émaillent une visite qui vaut définitivement le détour.

MUSÉE COCTEAU 2, quai de Monléon – 06500 Menton  – 04 89 81 52 50

Ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf le mardi et les jours fériés (1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre). Nocturne tous les vendredis des mois de juillet et août jusqu’à 22h.

Enivrés part tant de beauté, vous reprendrez un bien un cocktail de Cocteau on the rocks, non ?

  • Rendez-vous dare-dare à Saint-Jean-Cap-Ferrat où il a « tatoué » la villa Santo Sospir de son amie Francine Weisweiller (« Les murs blancs de la villa me criaient leur silence. Je n’ai eu qu’une envie : les habiller ») ;
  • Enchaînez sans coup férir à Villefranche où il a décoré la chapelle Saint-Pierre (1956-1957), lieu de culte des pêcheurs ;
  • Poursuivez au Cap d’Ail où le théâtre du Centre Méditerranéen Universitaire est signé Cocteau  ;
  • Cocteau – Salle des mariages de Menton

    Bouclez enfin la boucle de cet époustouflant périple en retournant à Menton vous remettre de vos émotions et admirez la salle des mariages de l’Hôtel de Ville où l’artiste a laissé libre cours à sa géniale inspiration.

  • Ça vous interpelle ? Vous hésitiez pour votre mariage avec Elvis Presley à Las Vegas ou Philippe Bouvard à Nice ? Un peu de classe que diable ! Cliquez ici pour en savoir plus et dites oui devant les fiancés de Cocteau.

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