Une plume niçoise s’envole…

Raoul Mille

Les lettres d’amour échangées entre Joséphine et Bonaparte vont rester lettres mortes. Raoul Mille, le célèbre écrivain niçois a quitté pour toujours hier sa chère Promenade des Anglais et ne pourra pas terminer l’ouvrage qu’il préparait sur cette correspondance. Parisien de souche et Niçois d’adoption passionné (comme la Griotte), il faisait partie intégrante de la vie culturelle niçoise non seulement par la qualité de ses livres couronnés par de nombreux prix mais aussi par son engagement contre l’illettrisme pour les enfants les plus modestes dans tous les quartiers de la ville. La Griotte saluait son action il y a quelques jours à ce propos.

C’est un coup dur pour Nice. Si la ville a regagné sa place sur le plan culturel, elle le doit essentiellement à deux hommes, Raoul Mille et Daniel Benoin. Tous deux ont changé le regard des gens de culture et des journalistes sur Nice la mal-aimée »

se lamentait Didier Van Cauwelaert ce matin dans Nice Matin.

Intarissable conteur

Raoul Mille ne se contentait pas d’être le régional-régionaliste de l’étape, il mettait son style lyrique et tendre au service de livres d’aventures passionnants souvent illustrés bien sûr par l’atmosphère et les couleurs du pays niçois. La Griotte a découvert (et dévoré) Le Roman de Marie Bashkirstseff (Prix de soutien à la création littéraire par l’Académie Française) paru en 1995 et retraçant la vie romanesque et si brève (1886-1884) de cette jeune Russe passionnée qui peint, sculpte, écrit et surtout impose son audace et sa beauté dans les salons niçois de la fin du XIXe siècle.

Avec émotion et humour

Il savait donner vie aux personnages les plus flamboyants de la Côte d’Azur, les anecdotes les plus savoureuses, les épisodes les plus fabuleux de la conquête de la Côte. Avec « Ma Riviera », il animait une chronique régulière dans les colonnes de Nice Matin depuis des années. En grand styliste populaire, il y redonnait vie aux plus grands hommes (et femmes) qui ont marqué la région. Infatigable promoteur du livre, il est aussi à l’origine du Prix Baie-des-Anges Nice Matin lancé en 2010.

Christian Estrosi, le maire de Nice, dont il était le conseiller et l’ami, et avec qui il partageait de nombreuses valeurs malgré son engagement à gauche, lui a rendu un hommage vibrant :

Un humaniste à nul autre pareil, avec un coeur énorme ».

Déjà hospitalisé, Raoul Mille n’avait pu assister au dernier Festival du Livre de Nice alors qu’il était le chantre d’une magnifique mission

Faire aimer le livre et la lecture à toutes celles et tous ceux – notamment les enfants – qui risquaient de ne pas connaître ce bonheur ».

La Griotte bibliophile est fort déconfite aujourd’hui car elle n’aura donc pas le bonheur de rencontrer Raoul Mille.

A lire sur Raoul Mille :

Une tite chronique de la Griotte baptisée « Des jeunes talents multipliés par Mille » sur l’action de Raoul Mille contre l’illettrisme à Nice.

A lire de Raoul Mille :

Le Roman de Marie Bashkirtseff

Le Roman de Napoléon III, écrit avec Christian Estrosi

Le Paradis des tempêtes, Prix Interallié en 1987

Sarah Bernhardt et Monaco

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