« Jeux mondiaux des chaises roulantes et des amputés »

C’est comme ça que Sir Ludwig Guttman, un éminent médecin neurologue du centre de traumatologie de Stoke Mandeville près de Londres, baptisa en 1948 les premiers jeux destinés aux victimes de la Seconde Guerre mondiale devenus paraplégiques. Ces jeux sont les ancêtres de ceux qui s’ouvriront ce soir à Londres, en présence de la reine Elisabeth II et du prince Harry (habillé). La flamme paralympique est partie mardi soir de Stoke Mandeville pour rejoindre la capitale, portée pendant 24 heures par 580 relayeurs sur 148 km. La Griotte vous propose d’en savoir un peu plus sur l’origine de ces Jeux pas comme les autres.

Un pionnier visionnaire

Avant la guerre, l’Allemand (né en Pologne) Ludwig Guttman est très apprécié par les patients de l’hôpital de Breslau (Pologne) où il travaille. Il est l’un des plus éminents neurologue de son époque mais les nazis lui trouvent un défaut majeur : il est juif. En 1939 il doit fuir et trouve refuge en Angleterre comme des milliers de ses compatriotes.

En 1944, le gouvernement britannique lui demande de fonder le National Spinal Injuries Centre (centre national des blessés de la moëlle épinière) à Aylesbury. L’idée était d’aider les personnes à faire face à leur déficience, retrouver leur dignité et leur indépendance qu’elles avaient parfois perdues et devenir heureuses, en santé et se sentir considérées comme des membres respectés de la société. Le Dr Guttman constate que le sport améliore la qualité de vie des patients tant sur le plan physique que mental.  Durant la Première Guerre mondiale en effet, 95% des blessés atteints à la moëlle épinière mourraient en moins de deux semaines.

Tout médecin ayant participé à la Seconde Guerre mondiale a encore présente à l’esprit la situation alors presque désespérée des paraplégiques. Les plus favorisés d’entre eux bénéficiaient de bains prolongés, et l’on attendait tout simplement que survienne l’infection ascendante des voies urinaires, la mort qu’entraînait inévitablement la pyélonéphrite étant considérée comme une bénédiction » disait-il.

Au-delà des soins médicaux, pour le Dr Guttmann, il est essentiel de guider ses patients dans leur réhabilitation psychologique et sociale. Il imagine et met au point pour ses patients, souvent jeunes, une thérapie basée sur le sport : tennis de table, billard, basket-ball, tir à l’arc… Les progrès en termes de force, confiance et estime de soi sont fantastiques. La plupart des patients de Stoke Mandeville peuvent dès lors rentrer chez eux et reprendre leur emploi antérieur.

He had a dream

He had a dream

Guttman, heureux de ses premiers résultats très encourageants, a alors l’idée d’organiser, dans son établissement, le 29 juillet 1948, jour de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres, les premiers « Jeux mondiaux des chaises-roulantes et des amputés » (World Wheelchair and Amputee Games) qu’on appellera plus tard Jeux de Stoke Mandeville. La manifestation sportive, dans laquelle seul le tir à l’arc est pratiqué, est un vrai succès !

2e Jeux de Stoke Mandeville

Au fil des années, la compétition prend une dimension internationale. Après cinq éditions, les Jeux de Stoke Mandeville sont donc rebaptisés Jeux Internationaux de Stoke Mandeville.

Mais le rêve de Ludwig Guttmann ne s’arrête pas là. Il veut organiser des Jeux Olympiques pour les sportifs invalides du monde entier. Il mettra 12 ans à réaliser son rêve.

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À Rome, le rêve devient réalité

En 1960, une semaine après les Jeux Olympiques de Rome, les 9e Jeux de Stoke Mandeville sont organisés. Cette compétition, qu’on considère  comme les premiers jeux Paralympiques, se déroule sur le site même des J.O. d’été (le mot grec « para » signifie avec ou à côté). À cette occasion le pape Jean XXIII qualifie Guttmann de « Coubertin des Paralysés ».

Depuis cette époque, les Jeux Paralympiques se déroulent après les Jeux Olympiques. Ouverts aux athlètes en chaise roulante, ces premiers Jeux Paralympiques réunissent 400 sportifs issus de 23 pays.

Le Dr Guttmann a été fait Chevalier de l’Ordre de l’Empire Britannique et a été élu membre de la si prestigieuse Royal Society en 1976 (Royal Society of London for the Improvement of Natural Knowledge, que l’on peut traduire littéralement par « Société royale de Londres pour l’amélioration du savoir naturel ») destinée à la promotion des sciences.

Il travaille sans relâche jusqu’à sa mort en 1980, à 80 ans.

La première édition des Jeux paralympiques d’hiver a eu lieu en Suède en 1976. À l’origine, seuls les athlètes en fauteuil roulant sont  invités à participer à la compétition.

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Qui ?

Aujourd’hui les Jeux paralympiques comprennent six catégories importantes d’athlètes :

  • tétraplégiques et paraplégiques,
  • séquelles neurologiques assimilables,
  • amputés et assimilés,
  • infirmes moteurs cérébraux,
  • grands handicapés (myopathes, fauteuils électriques),
  • non-voyants et malvoyants.

Les jeux paralympiques de Londres marqueront le retour d’une nouvelle catégorie pour les déficients intellectuels, exclu des Jeux à Sydney en 2000 après une tricherie (voir l’article de la Griotte Tric-trac et trucs de triches).

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Et les sourds alors ?

Les sourds et malentendants n’ont toujours pas le droit de participer au jeux paralympiques. Ceci peut paraitre logique, dans la mesure où les personnes faiblement sourdes ont des capacités physiques peu altérées. Ils ont leur propre concours : les Deaflympics, qui sont historiquement la plus ancienne compétition handisport internationale. Il peut aussi y avoir des cas de tricherie comme cela s’est produit avec les handicapés mentaux.

He had a dream

Qui contre qui ?

Pour que la compétition soit équitable, les athlètes sont regroupés par catégories selon leur handicap. L’objectif est de faire concourir ensemble des athlètes ayant des aptitudes fonctionnelles comparables. Dans chaque handisport on définit des catégories. Par exemple, en athlétisme il y a des épreuves de course pour les aveugles, pour les malvoyants, pour les amputés qui courent avec une prothèse et des courses en fauteuil roulant.

He had a dream

À Londres dès demain

Ces Jeux, annoncés comme les plus importants jamais organisés, verront 4.200 athlètes de 166 pays s’affronter pour plus de 500 médailles d’or. Ils devraient être les premiers à se tenir à guichets fermés, devant près de 2,5 millions de spectateurs. Les organisateurs espèrent également quatre milliards de téléspectateurs, un record.

Affiche promotionnelle de la chaine Channel 4. En Grande-Bretagne, la chaîne Channel 4 promet plusieurs heures de « live » quotidien, alors qu’aucune grande chaîne nationale ne diffusera de direct en France. Seule la chaîne régionale TV8 Mont Blanc a fait le pari de 77 heures de retransmissions en direct

L’équipe de France quant à elle, présentera 163 représentants, avec un seul objectif : dépasser les 12 médailles d’or obtenues à Pékin.

C’est le skipper nantais Damien Seguin qui sera le porte-drapeau de l’équipe de France

Ils seront l’occasion d’admirer les exploits du coureur sud-africain Oscar Pistorius, alias « Blade Runner« , star programmée, et dont la Griotte vous parlera d’ici peu. Si vous êtes sages !

Oscar Pistorius

 

 

Retrouvez des belles histoires de sport, d’émotions et des anecdotes incroyables collectées pour vous par la Griotte, niçoise ni soumise :

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