Un tramway nommé « des Arts »

Jaume Plensa - Conversation à Nice 1Il faut bien le dire, prendre le tramway à Nice est un vrai plaisir. Et l’ex-parisienne Griotte ne regrette pas du tout la sonnerie tonitruante du métro et son atmosphère étouffante. À Nice, non seulement ce tram lui permet de descendre en 5 mn dans la vieille ville et sur la plage (à partir de la gare), mais elle peut suivre gratuitement un « musée à ciel ouvert », grâce aux oeuvres d’art contemporain qui jalonnent le parcours. Le tout accompagné systématiquement par Ben et ses aphorismes charmants en nissart, en français ou en anglais, et par les annonces sonores aussi douces qu’originales. La Griotte est fan. Si vous pouvez, testez le vendredi soir le circuit guidé et commenté de l’Office du Tourisme pour découvrir les 13 oeuvres. Sinon, contentez-vous de la visite guidée de la Griotte, avec les images et le son !

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Jaume Plensa – “Conversation à Nice”

Œuvres de l’artiste catalan Jaume Plensa, ces 7 personnages colorés s’éclairent la nuit et se parent de couleurs différentes, représentant les échanges et les apports des communautés de tous les continents. « Sept figures représentant les sept continents sont allumées de l’intérieur avec des lumières cinétiques. Les sept oeuvres passent doucement d’une couleur à l’autre en établissant un dialogue entre les figures mêmes et avec les passants qui se promènent sur la place. (…) Comme les phares sur la côte, les figures semblent veiller sur nous, nous protéger d’en haut. Sans perturber l’espace libre de la place, elles nous invitent à lever les yeux et redécouvrir aussi le ciel de la ville. »

Jaume Plensa - Conversation à Nice 2

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Jean-Michel Othoniel – “Le confident”

Il s’agit d’un voile d’aluminium et perles de verre posé dans le square Doyen Jean Lépine. « C’est un mobilier à partager à deux, où les protagonistes peuvent s’abstraire du contexte de la place, soit en se faisant face, soit en étant côte à côte. Ils sont protégés par un paravent d’anneaux d’aluminium et couronnés par un chapelet de perles de verre » annonce le parisien Othoniel.

Jean-Michel Othoniel - Le confident

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Pascal Pinaud et Stéphane Magnin – “Composition exubérante de réverbères hybrides”

Mail de Saint-Jean-d’Angély. Ensemble de réverbères hétéroclite qui associe des anciens éléments de mobilier urbain et différentes matières. « Ce mobilier urbain réactivé par recyclage et hybridation est à la fois familier et déviant » annoncent les artistes autochtones. Pascal Pinaud est niçois, tandis que Stéphane Magnin vient du Cap d’Ail (pas très loin vers Monaco). Tous deux sont professeurs à la Villa Arson à Nice.

Composition exubérante de rverberes Hybrides

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Michael Craig Martin – “Cascade d’objets”

Des fresques d’objets quotidiens sur les murs de quatre immeubles du boulevard Virgile Barel. « Mon intention est de créer un ensemble d’oeuvres utilisant une iconographie de la vie quotidienne pour donner une vitalité visuelle aux quatre immeubles (…) Sur chaque bandeau de mur vertical (deux pour chacun des quatre immeubles), la même image, celle d’une « cascade » de huit objets, apparaît sur un fond de couleur uniforme, identique à la couleur de l’ensemble de la façade. Les objets sont peints au trait noir, se superposant les uns aux autres. Sur chaque bandeau, un seul des objets est coloré dans une teinte vive, se détachant ainsi, comme en trois dimensions, de l’ensemble. La disposition de l’objet coloré sur le bandeau croît (de bas en haut), accompagnant de manière cinétique le parcours des passants, usagers du tramway et automobilistes sur le boulevard  » assure l’artiste irlandais qui passe le plus clair de son temps à Londres.

Michael Craig Martin - “Cascade d’objets”

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Emmanuel Saulnier – “Je vis de l’eau elle s’écoule”

Station Las Planas. « En haut, sur la terrasse principale, face à la mer, une phrase unique à double sens s’inscrit tout le long du garde corps :  « je vis de l’eau ».  Ces mots écrits en points lumineux transparaissent sur la paroi, et sont faits de cylindres de verre qui contiennent, hermétiquement scellés, une eau inaltérable. En bas, inclus à même le sol, un rail d’inox brillant d’une vingtaine de mètres, serpente en un rayon d’eau lumineux et retenu puis disparaît dans le sol. Tout au long de son parcours, s’inscrivent en lettres poinçonnées et tracées au point sur son bord métallique ces mots : « elle s’écoule » explique le pur parisien Saulnier.

Emmanuel Saulnier - “Je vis de l’eau elle s’écoule”

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Sarkis – “Les postes restantes de la Porte Fausse”

Dans le vieux Nice, 1 rue Francis Gallo. Ornementation de marbre et d’or de la Porte Fausse. « La Porte Fausse est plus qu’un simple passage, elle est aussi un lieu de mémoire, celui évoquant le moment où une époque passe à une autre, un monde s’ouvre à un autre : « la vieille ville » à « la moderne », aussi vivante l’une que l’autre. Mon désir est de concevoir, dans ce quartier très populaire, un lieu qui permettra de vivre une expérience esthétique et poétique unique, tout en se confrontant, dans le même temps, à la réalité de notre monde contemporain. Ce lieu, qui sera caractérisé par la beauté des matériaux utilisés, le marbre et l’or, sera aussi celui de la convivialité. Il sera pensé pour accueillir des messages sous forme d’enveloppes, de cartes postales ou de papiers pliés qui seront déposés sur un plateau placé à cet effet. Il faut imaginer ces envois comme des messages pouvant être lus par les habitants du quartier de la Porte Fausse ou d’un autre de la ville, mais aussi par ceux vivant dans différentes cités du monde. » Artiste français, d’origine arménienne, Serkis Zabunyan, dit Sarkis (son nom chrétien), est né à Istanbul (Turquie) en 1938. Il vit et travaille à Paris.

Les postes restantes de la porte Fausse - Sarkis

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Ange Leccia – “Disque Solaire”

Station Las Planas. Signal lumineux monumental nocturne sur le centre de contrôle du tramway, point haut sur la ville. « Le bâtiment Comte de Falicon prend sa place entre eau, terre et ciel. Situé face à la mer, tel un monolithe, il s’érige hors de terre vers le ciel. Le soleil reconstitué qui se déploiera sur sa façade vitrée viendra s’ajouter à ces trois éléments naturels. (…) Le concept : Une boule gazeuse produit des variations chromatiques, totales ou partielles, mono chromatiques ou multi chromatiques, le rythme et l’amplitude des variations participent de la production des effets. Les effets se déplacent sur la surface » explique l’artiste corso-parisien.

Ange LECCIA - “Disque Solaire”

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Gunda Förster – “Blue, Hommage au Bleu d’Yves Klein”

Ponts SNCF Thiers et Route de Turin. L’artiste allemande a voulu « Accentuer les caractéristiques urbaines par le medium “lumière” ; souligner l’horizontalité de la structure des ponts, accompagner la direction des trains circulant sur les ponts ; se détacher, par la lumière bleue, de l’éclairage urbain standard et générer des espaces lumineux originaux au sein de l’environnement urbain ; rendre hommage au Bleu de Klein et à ses origines niçoises ; créer une correspondance entre deux ponts SNCF à l’architecture similaire, situés en deux points opposés du parcours du tramway et mettre en lumière les notions de mouvement/interface/connexion/ franchissement, l’idée d’un avant et un après pour les piétons et les automobilistes passant sous les ponts. » Ben si, tout ça, puisqu’elle vous le dit.

Gunda Förster - “Blue, Hommage au Bleu d’Yves Klein”

Et à ce propos, la Griotte a fait une jolie chronique baptisée : Le bleu est azurément niçois. Cliquez !

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Yann Kersalé – “L’amorse du bleu”

Avenue Jean-Médecin. Des milliers de diodes bleues forment des messages lumineux sur l’avenue dans une langue universelle : le morse. C’est Yann Kersalé qui a réalisé cet habillage sur 300 mètres environ pour une installation joliment baptisée « L’Amorse du bleu ». L’artiste breton (qui travaille à Paris) a voulu « Rythmer l’avenue de points et de traits de lumière dynamiques qui énumèrent en langage morse les différentes nuances de bleu du spectre pictural. Une voûte de calme bleu dans la hauteur, en opposition à la densité des trafics au sol. Unité de rythme des bleus en écriture morse opposée au rythme cacophonique des lumières fonctionnelles. »

À ce propos la Griotte en a une bien bonne à vous raconter : cliquez sur Les morsures de la nuit, et ne vous moquez pas (trop !), je connais un paquet de Niçois pur jus qui ne savaient pas non plus.

Amorse du bleu de Yann Kersalé

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Ben – “Tableaux « Aphorismes » et calligraphie du nom des 42 stations »

Ben, le célèbre plasticien niçois, a calligraphié le nom des stations et a parsemé le trajet de panneaux d’aphorismes écrits en blanc sur noir majoritairement en français, quelques-uns en nissart et en anglais.

Ben - Aphorismes du tramway 4

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Une ‘tite chronique de la Griotte à propos du prolifique Ben ? C’est par ici : cliquez !

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Pierre di Sciullo  – “Totems”

Conçues par Pierre di Sciullo les 18 enseignes des stations du tramway de Nice sont formées de la lettre T évidée dans une plaque de métal aux bords recourbés. Elles sont peintes avec une peinture thermolaquée, au recto et au verso (une couleur différente pour chaque face) et possèdent un éclairage par diodes en barrettes sur le pourtour intérieur du T.

Pierre di Sciullo  - “Totems”

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Michel Redolfi – “Les sonals : annonce vocale et signature musicale”

Les sonals sont ces petites sonneries électroniques qui seront diffusées à bord du tramway avant chaque arrêt. Ils durent 5 à 15 secondes en moyenne, et comportent, mis à part leur côté musical, des informations utiles, en quatre langues : français, nissart, italien, anglais. Nice est la seule ville en France, ayant investi dans un programme de design sonore. Les sonals ont été composés par Michel Redolfi avec les musiciens du studio Audionaute : Samuel Brunel, Pierre Chaze et Christophe Harbonnier. Redolfi est co-fondateur du GMEM (Groupe de musique expérimentale de Marseille), a travaillé aux USA (Université de San Diego en Californie) avant de devenir directeur du CIRM (Centre international de recherche musicale ) à Nice et du festival MANCA (Musiques actuelles Nice Côte d’Azur). Il dirige aujourd’hui le Studio Audionaute à qui la commande du design musical du tramway niçois a été passée.

Pour écouter ces annonces pas comme les autres : cliquez ici

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Arty show

Visite guidée de l’Office de Tourisme 

En français/anglais le vendredi à 19 h.Visite : 8 € pour les adultes et 3 € pour les enfants de moins de 10 ans. Transport : 2 €, gratuit pour les enfants de moins de 4 ans. Inscription obligatoire dans les bureaux de l’Office du Tourisme:

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PS : Toutes les citations « expliquant » les oeuvres, sont commises par les artistes eux-mêmes, si vous n’avez pas tout compris c’est pas grave, la Griotte non plus. Et en art on peut se contenter d’admirer sans comprendre, non ?

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Dégustez une autre histoire d’art contemporain à Nice, cliquez sur : barres à vains

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2 commentaires to “Un tramway nommé « des Arts »”

  1. Un article bien « tramé » …une belle balade niçoise … Merci !!!

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  2. La Griotte … elle est partout … mais surtout à Nice !!!

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