Matisse : micmac au MACC de Caracas

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Odalisque : esclave vierge, dont le statut pouvait monter jusqu’à concubine ou femme dans les sérails ottomans, mais dont la plupart étaient au service du harem du sultan. Alors que l’expo Henri Matisse, Nice : le rêve des odalisques bat son plein au musée Matisse de Nice (jusqu’au 29 septembre), l’une des odalisques peintes par Matisse vient de vivre une aventure rocambolesque à l’autre bout de la planète. L’Odalisque au pantalon rouge était depuis longtemps la fierté du Musée d’Art Contemporain de Caracas (MACC) lorsqu’elle a été volée en 2002. Sauf que… personne ne s’en était rendu compte !

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Le vrai (à gauche), le faux (à droite)

Le vrai (à gauche), le faux (à droite)

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Les malfrats ayant remplacé la peinture originale (à gauche sur le montage) par un faux de mauvaise qualité (à droite), sans qu’on sache exactement quand l’échange s’est produit (probablement un peu avant l’an 2000), personne n’a réalisé que la vraie toile avait disparu avant 2002. La supercherie a donc peut-être duré plusieurs années.

C’est en 2002, grâce à un galeriste de Miami, qu’on retrouve la trace de la toile. Surpris qu’on lui propose d’acheter le tableau, il contacte le musée pour les informer. Les experts du MACC vont inspecter la toile et constater qu’il s’agit en effet d’un faux. Pire, un faux de piètre qualité. Pas très glorieux pour le conservateur local.

Jusqu’à ce que la police de Miami finissent par coincer dans une chambre d’hôtel de Miami deux suspects en 2012, dix ans après la disparition du tableau. Pedro Guzman et Maria Ornelas Lazo se sont fait piéger par les agents du FBI qui se sont fait passer pour des amateurs d’art prêts à débourser la coquette somme de 600.000 euros pour acquérir le chef-d’œuvre datant de 1925. Les voleurs ont mordu à l’hameçon et ont été arrêtés aussitôt après. Pedro Antonio Marcuello Guzman, habitant de Miami de 46 ans, a été condamné à deux ans et neuf mois de prison. Maria Martha Elisa Ornelas Lazo, une Mexicaine de 50 ans vivant à Mexico, a pour sa part écopé d’un an et neuf mois. D’après Maria Martha Ornelas qui était chargée de ramener la toile de Mexico où elle la gardait depuis longtemps, c’étaient des employés du musée qui avaient volé l’oeuvre et l’avaient remplacée par ce faux grossier. Et ils n’avaient pas réussi à le revendre…. c’est un métier !!!

Le musée de Caracas a dû attendre deux ans et la fin de l’enquête américaine pour qu’il y a quelques jours L’Odalisque au pantalon rouge retrouve sa place. À l’instar du retour des Bleus de Rio, le transport de l’Odalisque en avion a été salué comme un événement national et l’événement a fait encore monter sa cote. Il est estimé aujourd’hui à environ 3 millions d’euros.

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