Chères chaises de la Prom’

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Sur la Prom’ il y avait déjà  les baguettes géantes de Bernar Venet, la minuscule statue de la liberté d’Auguste Bartholdi… il y aura aussi la gigantesque chaise bleue de 3 mètres de haut de la décoratrice d’intérieur niçoise Sab. « L’oeuvre » a été dévoilée samedi dernier. Une kitscherie de plus sur la Promenade des Anglais qui voudrait être reconnue au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco ? sans doute ! On frémit d’avance sur le futur David de Michel-Ange de 6 mètres annoncé lui aussi sur la Promenade de Nice, celle du Paillon, juste en face du TNN début 2015. Et pourtant cette chaise mythique a une sacrée histoire que la Griotte s’empresse de vous raconter bien sûr…

Photo Loulou (Dimil' Prod)

Photo Loulou (Dimil’ Prod)

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Les fameuses chaises bleues de la Promenade des Anglais

Emblématique de Nice on peut y poser son délicat fessier tout le long de la Prom’. Qui suis-je ? La chaise bleue bien sûr.

C’est en 1950 que Charles Tordo employé dans une entreprise de maintenance des trains Michel, s’est vu confier la fabrication de huit cents chaises par Monsieur Ballanger, détenteur de la concession des chaises de la Promenade. On ne pratiquait pas à l’époque la politique de la chaise vide à Nice et il fallait payer à la « chaisière » pour y poser son derrière et profiter de la vue sur la baie des Anges. Charles Tordo, habitant Tourrettes-Levens, était connu pour son esprit inventif, son habileté, et ses créations multiples brevetées, notamment des meubles convertibles.

Tordo travaillait toujours chez Michel mais passait toutes ses soirées et ses week-ends à fabriquer ces chaises. Voici ce que raconte son fils, Louis :

Monsieur Ballanger avait la concession des chaises sur la Promenade, il en gérait la fabrication, la réparation et la location par l’intermédiaire des chaisières qu’il employait. Selon le temps qu’il avait fait durant la saison, il était de bonne ou de mauvaise humeur. Je le revois, ce jour-là, il avait posé sur la table de la cuisine, une liasse de billets de cinquante mille. Un million … de l’époque. Nous n’en avions jamais vu autant réunis »

Le matin, avant de partir à l’école, ma sœur et moi dévissions les boulons que nous recevions vissés avec leur écrou, préparant ainsi le travail de ma mère, qui elle, perçait les trous durant la journée. Le jeudi, le samedi, le soir, après les devoirs, nous dévissions. J’en avais attrapé une corne à l’intérieur de l’index. J’ai fini par inventer une machine à dévisser les boulons. Du coup, ma sœur a pu s’arrêter, quant à moi, mon père m’a occupé à autre chose. »

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Ils allaient chercher le bois (hêtre ou platane) à Peira Cava, puis le bois était séché et enfin débité en lamelles et poncé ; la ferronnerie était mise en forme sur une cintreuse de sa fabrication. Quant à la peinture (blanche au début), elle était appliquée dans la rue. Ayant rejoint l’entreprise de M. Ballanger, il en profita pour améliorer le rendement en créant une machine à peindre les chaises. La fabrication a cessé dans les années 70 à la disparition de M. Bellanger.

C’est aujourd’hui la ville de Nice qui assure l’installation des nouvelles chaises bleues dont les derniers modèles ont été dessinés par l’architecte Jean-Michel Wilmotte.

En 2004, Arman (né à Nice en 1928) a rendu hommage aux  » chaises  » avec une accumulation monumentale de plusieurs centaines d’entre elles qui avaient été « réformées » par la ville e Nice . Cette œuvre est visible sur une façade du MAMAC :  « Camin dei Ingles, 2004 ».

Les chaises bleues par Arman au Mamac

Les chaises bleues par Arman au Mamac

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Et aujourd’hui il y a celle de 3 m de Sab, qui a coûté la bagatelle de 30.000 euros tout de même !

Sab (Sabine Géraudie) - Photo Gabriel Martinez

Sab (Sabine Géraudie) – Photo Gabriel Martinez

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Découvrez aussi les créations à partir des chaises bleus chez Artnice 2 rue Droite dans le Vieux Nice (entre le palais Lascaris et la place Saint-François)

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Une super histoire que la Griotte a trouvé sur le site de Gisèle Tordo, petite-fille de Charles Tordo, qui nous explique gentiment qu’il y a aussi pour les amateurs un petit livret qui raconte l’histoire complète !!!
À voir sur : www.lerelaisdelachaisebleue.com

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4 Responses to “Chères chaises de la Prom’”

  1. Je connaissais ces chaises bleues mais pas leur histoire, très intéressant

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  2. A reblogué ceci sur TheMouse et les MouseCatchers…et a ajouté:
    Merci La Griotte pour cette fabuleuse histoire des chaises bleues de Nice!

    Je ne connaissais pas leur histoire… Et maintenant, grâce à cet article, je sais… Et pourrais la raconter a l’occasion!!!

    Xoxo

    TheMouse

    J'aime

  3. Félicitations pour ce bel article sur les chaises bleues et leur histoire ! Pour en savoir plus, vous pouvez trouver le livret de l’histoire complète des chaises bleues sur le site :
    http://www.lerelaisdelachaisebleue.com
    dans l’onglet « boutique », ainsi que d’autres articles sur « la première chaise bleue », une partie de l’histoire de notre cher comté de Nice !

    Aimé par 1 personne

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