Le livre dont on fait son miel

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Quand un jeune étudiant en anthropologie rencontre l’écrivain Samuel Beckett, qu’est ce qu’ils se racontent ? Des histoires d’abeilles. Mais si ! C’est l’histoire complètement fantaisiste mais ô combien réjouissante que raconte Martin Page dans L’apiculture selon Samuel Beckett.

J’ai répondu que j’étais libre dès maintenant. Il a eu l’air enchanté. Il m’a assigné une première mission : acheter quatre grosses boîtes en carton. Il a ajouté un sandwich au poulpe à la commande. J’ai noté l’adresse du traiteur grec et de son appartement.« 

Suite à un incendie à l’université de Reading en Angleterre, un professeur retrouve un texte d’un « homme se présentant comme l’assistant de Samuel Beckett » datant de l’année 1985. Et c’est ce texte, un journal intime, qui forme la trame de ce livre.

Malgré le caractère insensé de ces pages, il nous a semblé intéressant de les livrer à la sagacité des lecteurs qui devront les lire pour ce qu’elles sont : une oeuvre de fiction à propos de faits réels » (Professeur Fabian Avernarius, université de Reading)

Un jeune étudiant, reclus dans sa chambre de bonne parisienne, termine sa thèse. Un libraire le met en relation avec Samuel Beckett qui cherche quelqu’un pour classer ses papiers. Cette improbable rencontre lui parait si incongrue qu’il écrit son journal intime pour n’en rien oublier. Et il découvre que ce « grantécrivain » que l’on croyait austère est un gai luron, fantasque, heureux de vivre, cuisinant avec joie, jouant au bowling, récoltant son miel et même affublé de vêtements aussi colorés qu’extravagants.

Il m’a dit, sur un ton exaspéré, que tous les dix ans il se débarrassait de ses manuscrits, notes, carnets, bouts de nappe de restaurant, tickets de métro griffonnés, et les offrait aux chercheurs avides. »

59795604_11514306En même temps, un metteur en scène demande à Beckett, l’autorisation de monter une de ses pièces dans une prison…

Il a regretté que les seules fois où les pauvres étaient en contact avec le théâtre, c’étaient quand ils étaient enfermés : dans des écoles, des prisons, des hôpitaux psychiatriques. Comme s’il fallait un public captif qui ne pouvait pas s’échapper. »

Et quand il ne reste plus d’archives à trier, Beckett propose au jeune doctorant d’en fabriquer pour faire plaisir aux universitaires et aux chercheurs qui auront à fouiller dans ses archives après sa mort….

N’importe quel écrivain organise consciencieusement de ce qu’il lèguera aux chercheurs (il a cité l’exemple de Gide, recopiant les courriers qu’il envoyait à ses correspondants pour une édition future, j’ai parlé de Freud, détruisant les lettres compromettantes.) »

Un récit drôle, enlevé, plein d’esprit qui n’a qu’un seul défaut : trop court !!! Recommandé chaudement par la Griotte.

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One Comment to “Le livre dont on fait son miel”

  1. voici une lecture qui me tente bien

    Aimé par 1 personne

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