Le diable s’habille aussi en Chanel

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Au moment où se termine la Fashion Week parisienne, emplie de créatures plus ou moins anorexiques et/ou cocaïnées, il est grand temps de lire un excellent bouquin : Le défilé des vanités de Cécile Sepulchre. Ça aurait pu s’appeler Becassine et la mode parisienne ou Martine à la Fashion Week, ça ressemble au Diable s’habille en Prada mais c’est beaucoup plus drôle, instructif et frenchy !

C’est l’histoire de Martine Pouelzoc, une jeune Bretonne qui rêve de Paris, de la mode et du glamour.

Martine est pour l’instant une « nobody », douce définition de la case zéro de l’échelle sociale de cet univers. Elle espère devenir « quelqu’un », le but ultime étant de finir en « grande dame de la mode », dans le jeu de l’oie de ces parcours à hauts risques. Bienvenue dans le monde merveilleux de la mode. »

Elle décroche un stage auprès de Raphaël le jeune et puissant directeur artistique du magazine de mode Luxe Addict. Et c’est le choc des cultures entre la provinciale ambitieuse et les Parisiennes blasées. Pour atteindre ses rêves, Martine change de look et même de nom pour se faire une place dans l’univers impitoyable de la haute couture parisienne.

Cécile Sepulchre, ex-rédactrice en chef de l’Officiel de la mode, nous entraine dans un monde de frustrations, de convoitises, de snobisme, d’arrogance et d’hypocrisie.

C’est jouissif et drôle à la fois !

À mettre dans toutes les mains, manucurées ou non !

« L’époque où les journalistes des quotidiens étaient considérés comme des héros parce qu’ils sortaient leurs articles le lendemain ou le surlendemain est bien révolue. Avec le Web, la compétition ne se compte plus en jours mais en nanosecondes.

Ils sont désormais concurrencés par une nouvelle caste d’intouchables, celle des blogueurs. Frondeurs d’une exquise fraîcheur, ceux-ci mitraillent discrètement le podium de leur smartphone, tout en twittant frénétiquement pour s’assurer la primeur « en live » du défilé. L’avenir de la presse… Le visage aussi convulsé par le stress que des traders en plein crack financier, les nouvelles stars du Web sèment l’angoisse chez les quadras qui émergent encore un peu endormis de leur brunch, inquiets de devoir un jour leur céder un rang.

51jMcqJJ8TL._SX301_BO1,204,203,200_Les acheteurs font plutôt figure de crocodiles solitaires guettant leur proie, surveillant leurs voisins du coin de l’oeil pour être sûrs qu’ils rafleront l’exclusivité les premiers. Quant aux incrustés évanescents, une fois enfin entrés, lorsque les vannes parfois se lâchent au tout dernier moment, ils tapissent debout, l’ombre des derniers ranges, discrets comme des renards. Seuls brillent alors leurs yeux en alerte, guettant dans les premiers rangs la chaise vide qui leur permettra d’abandonner leur statut infamant de « standing ». Leur infortune rassure la vanité des front rows*, accrochés à leur précieuse chaise, symbole de leur réussite sociale. « 

*premiers rangs

il

 

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One Comment to “Le diable s’habille aussi en Chanel”

  1. C’est bien de parler de cet excellent bouquin, bien meilleur, je suis d’accord avec vous, que le Diable en Prada. On rit davantage et on apprend bien plus sur le monde de la mode, sur son fonctionnement et ses coulisses. Il se lit en plus comme un vrai turn pager, vous auriez du le préciser.

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