Toute la Gaule est occupée. Toute ?

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Toute la Gaule est occupée. Toute ? Oui, à faire des crêpes ! En ce jour de Chandeleur, la Griotte vous rappelle que la Chandeleur ou fête des chandelles a, selon des wiki-experts, une origine latine et païenne :  la festa candelarum, une coutume qui consistait à allumer des cierges à minuit en symbole de purification. Mais la Griotte a également d’autres hypothèses, plus ou moins fantaisistes…

Elle correspond aussi à une fête religieuse chrétienne appelée Présentation du Christ au temple, qu’on appelait autrefois du nom grec d’Hypatante, et qui rappelle que le Christ est la lumière du monde.

Et pourquoi des crêpes ? Parce que les crêpes, avec leur forme ronde et leur couleur dorée, rappelleraient le soleil et les jours qui s’allongent. Et aussi parce que les semailles d’hiver commençant, on se servait autrefois de la farine excédentaire pour confectionner des crêpes, symboles de prospérité pour les années à venir.

Ouais. Mais la Griotte, qui met son grain de sel partout, même dans les crêpes, a inventé d’autres hypothèses plus ou moins fumeuses, mais toutes aussi plausibles, pour expliquer l’origine de la Chandeleur.

Si

L’hypothèse animaleGriotte ours et crêpes

En Europe du Nord l’ours fut l’objet d’un culte important depuis l’Antiquité jusqu’au cœur du Moyen Âge. Les peuples germains, scandinaves, et dans une moindre mesure celtes, célébraient la sortie d’hibernation de l’ours vers la fin du mois de janvier ou le tout début du mois de février. Ils célébraient le moment où l’ours sortait de sa tanière pour voir si le temps était clément. Cette fête était caractérisée par des déguisements ou travestissements en ours.

En France, traditionnellement, dans des contrées reculées comme l’Ariège par exemple, le lendemain de la Saint-Ours d’Aoste (le 1er février), on présentait des chandelles et des galettes de froment toutes dorées, à l’ours, à la porte de sa caverne, pour lui faire croire qu’il s’agissait du soleil. Lorsque la bête sortait de sa petite sieste hivernale, on l’abattait sur l’heure et on le transportait pieds et poings liés à travers tout le village. Cette Chandel’ours est devenue plus tard chandeleur, lorsque l’ours disparut de notre pain quotidien.

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L’hypothèse monastique

Heurtoir_orleansDès la fin du IVe siècle, le droit d’asile est fort usité en Europe. Le mot asile provient du grec ancien άσυλον (asylon) « que l’on ne peut piller » et du latin asylum « lieu inviolable, refuge ». Il est défini dans les premiers textes connus comme « lieu ou un bois previlegié que quiconques s’enfuioit en celi lieu il estoit saux de quelque crime que il eust fait ».

Le code théodosien de 419 dispose en effet que tout individu est admis à trouver refuge dans les églises chrétiennes s’il cherche à échapper à un quelconque poursuivant, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’un agent de l’État.

En ce jour du 2 février, jour de la Présentation de Jésus au temple suivant le calendrier chrétien, on pouvait particulièrement utiliser ce droit d’asile, mais en suivant un cérémonial strict. Il fallait se présenter à la porte du monastère ou de l’église, frapper trois fois le heurt (qu’on appelle aussi heurtoir), et chanter des cantiques jusqu’à ce qu’une bonne âme, en robe, vienne vous ouvrir et vous offrir l’asile de ses voûtes et des crêpes bien chaudes. C’est ce qu’on appelait le « Chant de l’heurt » devenu la fête de la Chandeleur.

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L’hypothèse patriotique

Chant de l'EureEn 1792, la France déclare la guerre à l’Autriche et on demande à l’officier-poète Joseph Rouget de Lisle de composer un hymne de guerre qui s’appellera d’abord Chant de guerre pour l’armée du Rhin, puis Chant de guerre aux armées des frontières, et enfin sans qu’on sache vraiment pourquoi Marche des Marseillais ou Hymne des Marseillais. Il deviendra notre hymne national le 14 mars 1789 sous le nom de La Marseillaise.

Ce qu’on sait encore moins c’est qu’un vaillant bataillon de soldats venu de l’Eure s’illustra dans cette guerre et fut à l’origine de bien des victoires décisives contre les Autrichiens. On les entendait venir de loin, car ils avaient dans leurs rangs de fameux ténors qui entonnaient haut et fort ce tube de l’année 1792 baptisé fort à propos pour l’heure Chant de guerre pour l’armée du Rhin.

Lorsqu’ils revinrent, couverts de médailles, dans leur Eure natale, quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’on les prévint qu’il fallait maintenant appeler leur chant patriotique La Marseillaise. Ils décidèrent de se rendre à pied à Paris, en hurlant en canon ce qu’ils avaient rebaptisé Chant de l’Eure pour faire entendre leurs revendications sémantiques auprès de Louis XVI. Durant leur périple en ces temps troublés ils n’avaient guère les moyens de faire ripaille dans les auberges et devaient se contenter de ce qu’on leur donnait en chemin. C’était bien souvent de simples crêpes confectionnées par les paysans qui suffisaient à leur bonheur. Malgré leur courage et leur détermination, ils ne furent pas entendus par le Roi qui avait, il faut bien le dire, d’autres pâtes à fouetter. Cependant, en leur hommage, chaque 2 février on a continué dans l’Eure et jusqu’à la cité phocéenne, de chanter en choeur le Chant de l’Eure tout en mangeant des crêpes.

Ce à quoi vous avez échappé

Ce à quoi vous avez échappé

D’autres hypothèses fantaisistes comme le « Chant de beurre » normand, « Chant de beur » de la Courneuve ou « il est l’or, c’est la Chandelor » issu du film La folie des grandeurs n’ont pas été retenues par la Griotte car considérées comme trop peu fiables.

Citation

Bonus-crêpe

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– Euh, qu’est-ce que c’est que la crêpe Gigi ?
– Et bien, la crêpe Gigi, c’est une fine couche de sarrasin, saisie dessus dessous, et parsemée de pétales de rose tièdes. C’est délicieux !
– Ah oui, certainement… Je vais vous prendre (euh) une crêpe au sucre avec une bière.
– Ah non non non, je m’excuse, monsieur, nous ne faisons pas ça ici. Vous vous êtes trompés d’établissement. Vous avez toutes nos crêpes sur la carte.
– Vous avez de la pâte ! Vous avez du suc’ ! Alors avec la pâte vous faîtes une crêpe et vous mettez du sucre dessus !
– Aaaah ! Mais qu’est-ce que c’est que ce type-là ! On croit rêver !
– C’est vrai ! Où c’est qui se croit celui-là ! Tête de con !

Griotte et crêpes

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