Bohringer K.O. ?

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La Griotte a deux yeux au beurre noir après avoir lu le livre de Richard Bohringer rencontré au salon du livre de Nice samedi dernier : Quinze rounds. Il y raconte sa vie pleine de coups : coups de blues, coups de coeur, coups de barre et coups au bar surtout. Et ça prend aux tripes.

C’est nerveux, très. Passionnant, plutôt. Émouvant, toujours. De ses premiers souvenirs comme « fils de boche » à ses premiers rôles, de ses premières cuites à ses derniers shoots, de ses premières amours à son dernier cancer… il livre tout avec une étonnante sincérité et un vrai style, court, coupant, percutant.

Capture d’écran 2016-06-07 à 12.39.51Il y dresse aussi le portrait en quelques lignes de centaines de personnes : de sa famille, de ses filles, d’inconnus et de gens célèbres, sans aucun règlement de compte, sans aucune amertume : sa Mamie « qui revendiquait le Front Populaire« , Albert qui lui a « appris à boire, sur le zinc du Café de Paris, à la sortie de la gare d’Enghien-les-bains« , Dominique le mystique qui « peignait d’immenses paysages tourmentés dans le petit pavillon au bord de la route« , Claude Nougaro « un vrai bonhomme de Toulouse. Un vrai, avec de la rocaille douce au coin de l’accent« , Daniel Pommereulle « artiste peintre sculpteur philosophe,(qui) taillait sa vie à coup d’objet inventé » et avec qui il partage l’enfer « la blanche, la poudre, la seringue, le sang qui coule le long du bras« , Vince Taylor, Mimi la Tremblette son dealer, Jacques Charrier qui allait épouser Brigitte Bardot, Gérard Brach, Jean-Paul Belmondo, Maurice Casanova « patron de plusieurs hauts lieux de nuit de la rue Saint-Benoît« , Alain Cavalier, Charles Matton « C’était un grand artiste. Il trouvais que je foutais rien.« , Antoine Blondin, Françoise « Elle en a chié car j’étais ivre tous les deux jours« , Romane, Roland Blanche « L’éructant ! Mon miel en colère !« , Gérard Jugnot, Gérard Depardieu, Johnny, Youssou N’Dour… et tant d’autres !

Pour tout dire c’est un peu barbant à force cette manie du name-dropping à chaque page, mais on ne peut pas s’empêcher de tout lire, pour quelques jolies tournures, quelques descriptions mordantes ou super émouvantes, beaucoup de témoignages sincères, et en tout une belle « rétrospective » d’une vie d’homme et d’acteur cabossé.

Le Bohringer, la Griotte l’aimait déjà avant d’ouvrir ce livre-là, avait dévoré C’est beau une ville la nuit (enfin surtout pour le merveilleux titre !), l’avait adoré dans Une époque formidable de Gérard Jugnot, avait tremblé quand elle avait su qu’un cancer le rongeait il y a quelques mois, continuait à craquer pour sa voix rauque pour Malongo ou chez Ruquier la semaine dernière, et avait pris plaisir à échanger quelques mots avec lui au festival du livre de Nice sous la pluie samedi dernier. Alors… elle est ravie d’avoir tenu 15 rounds avec lui et d’avoir sa petite dédicace en prime  !!

Et elle doit pas être toute seule, parce qu’il se place en tête des ventes d’Amazon en ce moment. Alors Bohringer K.O. ? Que nenni !! Bohringer maousse costaud !

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Écrire pour ne dire que des belles choses, les beaux sentiments, les belles personnes, c’est ennuyeux, cher lecteur. Vouliez-vous un livre plein d’amertume ? Où je vous dirais que puisque je ne tourne plus, c’est la faute des autres ? C’est de ma faute. J’étais infernal. J’ai construit mes ennemis. »

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Voila cher Paulo de la vie vous dire encore et encore comme il faut la chérir, cette putain de vie à la gueule de chien. J’ai pu traverser le monde, j’ai pu connaître la blonde, j’ai rêvé d’elle et je l’ai connue. J’ai beaucoup ouvert ma gueule trop souvent comme si je voulais tout détruire de cette image du bonheur que je trouvais trop lisse. La lune luit dans la nuit derrière les carreaux sales. Dans le couloir le bruit des rondes qui calme les peurs. Avoir peur de mourir avant. »

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Le h de Bo(h)ringer

Même si l’éditeur a placé le h de Bohringer juste après le r en couverture, c’est bien avant le r qu’on le retrouve sur la jaquette, comme il faut !

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  • Quinze rounds de Richard Bohringer, éditions Flammarion (11 mai 2016), 300 pages, 17€.
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One Comment to “Bohringer K.O. ?”

  1. Bohringer immense acteur, un poète magnifique aussi

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