Nicolas Bedos « fidèle à Nice dans la gaîté comme dans les larmes »

CINEMA-BEDOS-AMOUR-ET-TURBULENCES

Sa première pièce, Sortie de Scène, Nicolas Bedos l’a écrite à 22 ans. La première a eu lieu à au Théâtre National de Nice, aux côtés de son père Guy Bedos en 2004. À Nice il a vécu ses premières angoisses, ses premiers levers de rideaux et surtout, les premiers applaudissements d’un public très vite conquis. Après l’attentat du 14 juillet, c’est avec beaucoup d’émotion qu’il évoque sur Facebook la ville qui lui a ouvert les portes de la gloire il y a 12 ans, et dans laquelle il aime à revenir très souvent.

C’est à Nice que j’ai monté ma première comédie. Des semaines de tremblements, de joie et de fierté. Le jour, on répétait dans l’obscurité du théâtre National et puis, vers 19h, on se précipitait vers le soleil de la promenade des Anglais, retravaillant le texte en jetant des galets, avant d’aller vider des bières à la terrasse des Ponchettes, d’avaler une pizza au fond du Safari.” se souvient-il, dans un message posté sur Facebook, le 20 juillet.

L’année dernière, à l’occasion du 14 juillet, Nicolas Bedos était lui aussi le long de la promenade des Anglais pour admirer le célèbre feu d’artifice.

« Le chagrin est le même, le sang n’a pas de passeport »

Quelques mots de tristesse parfaitement dérisoires vers mes camarades du Cours Saleya :

Certes, le lieu et l’heure ne change rien à l’affaire. Que ça meurt à Roubaix ou que ça hurle à Amsterdam, le chagrin est le même, le sang n’a pas de passeport, les mères perdent des fils pareil, les amoureux des amoureuses, dans une semblable absurdité.
Evidemment. Sauf que.
C’est à Nice que j’ai monté ma première comédie. Des semaines de tremblements et de joie et de fierté. Le jour, on répétait dans l’obscurité du théâtre National et puis, vers 19h, on se précipitait vers le soleil de la promenade, retravaillant le texte en jetant des galets, avant d’aller vider des bières à la terrasse des ponchettes, d’avaler une pizza au fond du Safari.
C’est à la « petite maison » qu’on a fêté la première, la cravate desserrée par la chaleur et par le trac. Ma toute première première. Bref, le hasard d’un directeur m’avait collé Nice sur le coeur. Qui est resté fidèle à ce premier bonheur d’auteur. Mon choix d’adulte.
Dés lors, à la moindre occasion (un long week-end, une lassitude parisianniste ou un début d’amour), avec un peu de fric en poche, je louais une chambre au La Pérouse ou à l’hôtel Suisse… et j’allais flairer les parfums d’Italie qui s’entêtent dans le vieux Nice.
Il y a plus d’un an, quand il s’est agit d’écrire mon premier film, c’est à Nice que j’ai pensé. On a loué un petit appart rue Raoul Bosio. Même en décembre, c’était l’été. Il faisait si doux dans les ruelles et sur les tronches que notre réveillon avait des faux airs de 14 juillet.
Entre deux séances de vannes, afin de me faire niçois, je parcourais du Le Clézio.
Les Trissotins de la capitale me prenaient de haut: « – Qu’est-ce tu vas foutre là-bas? », « un bastion d’extrême-droite! », une « réserve de vieux », « le Marseille des Salauds ». Qu’importe ! Des dizaines de gens plus jeunes et plus gais qu’eux tendaient leur gobelets pour trinquer avec nous dans les rades du vieux port. A partir d’une certaine heure, la sympathie vote blanc.
L’été dernier, nous y étions. Les feux d’artifices, tout ça. La fiancée qui danse pieds nus au milieu des touristes étrangers. Aucun camion à l’horizon. Juste les étoiles, le rire des gosses et la promesse d’une nuit tendre.
Jeudi dernier, j’ai fait faux bond à la promenade. Coincé à Paris par le montage du film qu’on a pondu là-bas.
Un an plus tard, changement de programme :
– Chialer cette fête mortelle devant BfmTv.
– Ne pouvoir m’empêcher de revoir la fiancée tournoyant dans la foule, le regard illuminé par le bouquet final. Final?
– Imaginer son corps qui passe sous ses roues. Final?
– Trembler pour eux, pour soi, pour nos souvenirs, pour l’Avenir. Ne pas en revenir qu’un monstre de malheur ait pu joué ça dans CE théâtre.

Voilà, fidèle à Nice. Dans la gaité comme dans les larmes.
Même si ces mots ne servent à rien, si ce n’est à vous les dire. »

Un bel hommage pour ce Niçois de coeur…

 

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