Le festival de Cannes a 70 ans aujourd’hui

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Le premier festival de Cannes devait avoir lieu le 1er septembre 1939. Mais Hitler, peu cinéphile, a décidé de remplacer les stars de cinéma par des panzers et a envahi la Pologne ce jour-là… provoquant la deuxième guerre mondiale. Le rendez-vous cannois a lieu avec sept ans de retard : du 20 septembre au 5 octobre 1946.

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Né de l’ambition de Philippe Erlanger, inspecteur général au ministère de l’Éducation nationale, ce premier festival international du film voulait concurrencer la Mostra de Venise, accusée entre autres d’avoir drôlement copiné avec Mussolini. Pour faire la nique à la Sérénissime, il choisit une jolie ville de la côte d’Azur : Cannes. D’origine juive c’est dans cette ville qu’il s’était réfugié pendant les années de guerre.

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Pour cette première édition, 99 films étaient présentés en sélections officielles (134 en 2016).

Billy Wilder, Jean Delannoy, Roberto Rosselini et David Lean (entre autres) reçoivent un Grand Prix.

Michèle Morgan reçoit le Grand Prix de la meilleure interprétation féminine.

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Michèle Morgan, prix d’interprétation du premier Festival de Cannes pour La Symphonie Pastorale.

René Clément, lui, en reçoit deux : le Grand Prix International de la mise en scène et le Prix du Jury International pour La bataille du rail.

La Bataille du Rail de René Clément, primé au premier Festival de Cannes en 1946

La Bataille du Rail de René Clément, primé au premier Festival de Cannes en 1946

Extrait de « second premier festival en 1946 » sur le site Cannes la vie en version originale :

« Les festivités débutent dans les jardins du Grand Hôtel où la cantatrice américaine Grace Moore interprète La Marseillaise accompagnée par les quarante Voix d’Antibes. Quelques minutes avant, les Tirailleurs sénégalais et l’Infanterie de Marine ont défilé dans les rues de la ville devant une foule agglutinée sur la Croisette et des vedettes qui assistent au spectacle des terrasses de leurs hôtels. Après un gigantesque feu d’artifice sur le thème « Lumières et fleurs », les invités se pressent autour du buffet et des pistes de danse.
Feux d’artifice, retraite aux flambeaux, corso, lâcher de colombes, batailles de fleurs sur la Croisette, meeting d’aviation à l’aérodrome de Cannes-Mandelieu ou amerrissage d’un hydravion géant divertissent les festivaliers. Entre-temps, on s’adonne aux plaisirs des jeux de casino et, au bord des piscines, la nouvelle mode du maillot deux-pièces lancée par Rita Hayworth fait fureur. Des réceptions sont données dans tous les palaces ; on ne compte plus les dîners en l’honneur de personnalités, les banquets organisés à Cannes et dans les environs, dans des restaurants nichés au creux des roches rougeâtres de l’Estérel ou encore les pique-niques prenant pour cadre la végétation sauvage des Iles de Lérins.
Ce cadre se prête également au concours de beauté avec l’élection de la première Miss Festival, choisie par un jury de personnalités telles qu’Edith Piaf, Michèle Morgan et Jean Cocteau, entre autres. Le Palm Beach organise également un défilé de mode lors de son gala de l’Elégance qui se termine par une soirée dansante à l’ambiance latino-américaine.
Le Comité du Festival, la municipalité et toutes les délégations étrangères organisent de nombreuses manifestations durant toute la durée de la compétition. Parmi les plus prisées, les soirées données par les Mexicains durant lesquelles mets épicés et alcool d’agave remportent un vif succès. Il en est de même pour les fêtes de la délégation soviétique où, là encore, vodka et caviar à discrétion rendent plus agréables la fête, dont l’entrée est réservée aux invités qui épinglent à leur boutonnière un petit drapeau rouge où est inscrit « L’art au service de la paix ». L’ambiance est telle que le préfet se fait voler son képi et une représentante officielle américaine, totalement ivre, faillit tomber de la fenêtre du premier étage.
Cette édition connaît cependant quelques fausses notes dues au manque de temps de préparation. Les projections, qui se déroulent dans le Casino municipal, ne sont pas encore très bien réglées ; le public s’infiltre par les rideaux de côté et sur l’écran, un contre-jour désagréable saisit chaque image du film. L’organisation tâtonne, les invités ne respectent pas les consignes, ce qui provoque quelques situations amusantes. Personne ne respecte les numéros de places inscrits sur les cartons d’invitation, alors un fraudeur entré par les cuisines s’installe à la place de l’ambassadeur de Grande-Bretagne tandis qu’un maître d’hôtel refuse l’entrée d’une réception au ministre des Armées.
Moment d’émotion également quand, le 21 septembre, on apprend la disparition de l’acteur français Raimu. La projection en cours est interrompue pour lui rendre hommage en observant une minute de silence.
Le concours cinématographique reste, quant à lui, organisé selon les mêmes principes que celui de 1939 avec une compétition nationale et internationale et un jury composé des délégués des nations participantes. Les jurés ont comme président Georges Huisman, lequel représente aussi la France en tant que conseiller d’État, directeur de la Censure. »

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Gonzague Saint Bris raconte les débuts du festival dans son livre Un ruban de rêve, sorti en mars dernier.

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