Quand le « gros porc » écumait la Croisette

Il y a un an le monde découvrait le nom d’un producteur très célèbre d’Hollywood : Harvey Weinstein, que ce dit-producteur aussi gros et vilain que riche s’était tapé les plus belles actrices de la planète, qu’il faut toujours coucher pour réussir dans le métier même quand on est petite-fille du président de Pathé et héritière d’une famille de milliardaires (Léa Seydoux), que quand on est invitée dans la suite d’un producteur c’est pas souvent pour signer des contrats etc. Alors Mickaël Chemoul s’est dit « me too »…. quoi ? lui aussi ? Non pas tout à fait, mais Mickaël Chemloul, chauffeur de métier, s’est dit qu’il pouvait enfin raconter comment il conduisait cet « ogre sexuel » de palaces en yachts, de boîtes de nuit en orgies pendant le Festival de Cannes de 2008 à 2013. Et il a écrit un bouquin : Le démon de la Croisette, Harvey Weinsten côté coulisses. Un ouvrage dont il a commencé la rédaction avant les révélations du New Yorker en octobre 2018, à l’origine du mouvement #MeToo.

« Il lui mord les fesses, déchire sa culotte, se déchaîne sur elle »

Il y raconte le ballet des mannequins, actrices et call-girls défoncées et/ou alcoolisées qui cèdent aux caprices sexuels du producteur à l’arrière de la limousine. Cette mannequin qui « crie, se débat » alors « qu’il lui mord les fesses, déchire sa culotte, se déchaîne sur elle. »

Il décrit l’intérieur de la « mallette argentée » d’Harvey Weinstein

pleine de sextoys et d’accessoires, de boîtes translucides compartimentées avec des pastilles et des comprimé », et dans sa voiture où « les coupes de champagnes renversées cohabitent avec les mouchoirs sales, des préservatifs usagés et des traces blanches que je suppose être de la cocaïne ».

Il évoque cette actrice-mannequin qui « devait être droguée » :

On peut penser qu’elle était plus inconsciente que consentante. (…) Deux années plus tard, en regardant la cérémonie des Oscars, j’ai reconnu cette actrice, entre-temps devenue l’héroïne d’un film primé, brandissant une statuette sous une pluie d’applaudissements. »

Dans son livre, Mickaël Chemloul décrit Harvey Weinstein comme « un ogre sexuel un monstre moral, un cyclope sorti tout droit des temps archaïques. Il n’a qu’un œil celui de la bestialité, il se fout de la décence ». Dans une interview à l’Express, le chauffeur raconte notamment les fois où il a vu des femmes

« sortir de chez Weinstein en pleurs, pieds nus, dans un état déplorable. Elles étaient toujours d’accord pour rentrer dans le véhicule, pour flirter, lui faire des fellations à l’arrière de la limousine. La première fois que c’est arrivé, je me suis dit qu’il n’avait pas beaucoup de respect pour qui que ce soit, ni pour cette personne ni pour son chauffeur… Mais le manque de consentement ne m’a jamais sauté aux yeux. »

En 270 pages, l’auteur tente d’expliquer le pouvoir de fascination que pouvait exercer un homme aussi influent que Weinstein. Et analyse aussi les raisons qui l’ont conduit à rester à son service aussi longtemps. Dans son entretien à l’Express il avoue :

J’étais scotché par le talent d’Harvey Weinstein, son aisance… Le monde se prosternait à ses pieds. (…) J’étais dans un engrenage, dès le premier jour. On m’a mis dans la gueule du loup. J’étais aussi dans un engrenage financier, puisque ayant monté ma propre entreprise, je dépendais beaucoup des sommes payées par la Harvey Weinstein Company, qui représentait 70% de mes revenus. J’accompagnais Weinstein au Festival de Cannes mais aussi à chaque fois qu’il venait en France. J’étais manipulé. « 

Il précise « qu’à aucun moment [il a] été son complice, rappelant au passage qu’il a été lui aussi une de ces victimes. « En 2013, parce qu’il me tenait pour responsable de l’absence de deux call-girls à un rendez-vous, il m’a frappé violemment, tout ça alors que j’étais en train de conduire, explique l’ancien chauffeur. C’était un monstre, il m’a asséné des coups dans les côtes, a fracassé mes lunettes, comme un boxeur sur le ring. » Après « quatre mois au fond de [son] lit, en pleine dépression », il a déposé plainte au printemps 2014.

Me too

Et si le chauffeur n’a rien dit pendant longtemps, c’était par peur. « Face à Harvey Weinstein, connu dans le monde entier, décoré de la Légion d’honneur en France, décoré par la reine Elisabeth, qui m’aurait cru, moi, le chauffeur ? », poursuit-il.

Un jour, Harvey Weinstein frappe Mickaël Chemloul, qui décide de démissionner. Commence alors une autre descente aux enfers : il sombre dans la dépression et décide d’écrire ce livre pour s’en sortir.

Après mon expérience chez Harvey Weinstein, je suis resté quatre mois au fond de mon lit, en pleine dépression. J’ai déposé plainte six mois plus tard, au printemps 2014, et puis je me suis remis au sport. J’ai aussi commencé à écrire, et j’ai d’abord écrit une fiction sur ce que j’avais vécu, en prenant soin de ne pas donner de noms, car Harvey Weinstein était encore très influent. J’ai fini par retrouver mon travail de chauffeur et continué d’écrire. Le 5 octobre 2017, quand l’affaire a éclaté, j’ai immédiatement repris ma fiction pour cette fois raconter réellement mon histoire, sans fard, même si pour protéger certaines personnes, je ne donne pas tous les noms dans mon livre. »

« Et même encore aujourd’hui quand je vous parle, j’ai cette émotion qui remonte… Je ne comprends toujours pas comment j’ai pu vivre tout ça », conclut-il.

« J’ai commencé l’écriture sous forme de thérapie avec mon psychiatre et mon épouse qui est psychothérapeute pour témoigner de ce qui c’est passé avec Harvey Weinstein pendant six ans »,

raconte Mickaël Chemloul. Un besoin d’écrire après des années d’injures, d’insultes et de traumatisme.

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À lire ?

Bon alors ? ça vaut le coup de lire ce bouquin ? non. La Griotte vous en a donné assez d’extraits…. suffisants pour vous mettre l’eau croupie à la bouche. Il suffira de s’en rappeler au prochain festival de Cannes quand vous verrez les actrices aux belles robes gravir les marches du Palais et les hordes de jeunes filles à la chair fraiche et à l’accent de l’est débarquer à l’aéroport de Nice pour la durée du festival, comme pendant le Grand Prix de Monaco ou le Monaco Yacht Show. Parce que des gros porcs il y en a plein… partout ! Et pas seulement dans le « grand monde ».

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Alors, il faudrait peut-être le faire lire à nos filles, pour qu’elles comprennent l’envers du décor avant de se faire éblouir par ces paillettes du cinéma, de la télé (réalité ?), des fêtes alcoolisées et/ou « stupéfiantes », qui, quelquefois, souvent, ressemblent à des expériences glauquissimes et humiliantes.

Comme une sorte d’électrochoc, le même que Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée avait provoqué au tout début des années 80 ? Des millions d’ados avaient frémi avec elle quand cette très jeune junkie berlinoise racontait la première fois qu’elle s’était planté une seringue dans le bras ou qu’elle s’était engouffrée dans la voiture d’un inconnu pour se payer sa prochaine dose…. (lire à ce propos la chronique de la Griotte demain).

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