Jazz, le plus beau livre d’artiste du XXe siècle

Jazz de Henri Matisse est probablement le plus beau livre d’artiste publié au cours du XXe siècle. Les éditions de la Martinière ont réédité en 2013 cette oeuvre fabuleuse sous forme d’un coffret magnifique. À l’occasion du Festival de jazz de la Gaude (Alpes-Maritimes) qui commence le 8 novembre prochain, la Griotte revient sur ce chef-d’oeuvre réalisé à Nice.

Dès le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Henri Matisse passe beaucoup de temps sur la Côte d’Azur, qui l’inspire beaucoup. Il y rencontre le peintre japonais Yoshio Aoyama. Après avoir passé une partie de l’hiver 1916-1917 à Nice, il décide de rester plus longuement sur la Côte d’Azur, qu’il considère comme un paradis, et dont il recherche la transcription dans ses toiles.

Matisse et Renoir, Stravinky, Diaghilev

En 1918, il rencontre Renoir à qui il présente ses toiles, à Cagnes.

« Je croyais que ce bougre travaillait comme ça… ! C’est faux ! Il se donne beaucoup de mal ! […] Tout est très juste. C’était difficile ! », déclare Renoir après le départ de Matisse.

En 1920, Igor Stravinsky et Serge Diaghilev lui font commande de dessiner les costumes et les décors du ballet Le Chant du rossignol, présenté à Londres.

Danseuses porteuses de lanternes – Henri Matisse – Maquette de costumes pour le « Chant du rossignol » – Ballet de Léonide Massine – Encre de Chine sur calque

Matisse et New York

En 1924, Matisse expose à New York, et une première rétrospective lui est consacrée au Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague.

En 1925, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur et son fils Pierre ouvre une galerie à New York sur la recommandation de son père, dont les collectionneurs sont essentiellement américains. Matisse voyage régulièrement aux États-Unis. Il reçoit le Prix Carnegie 1927 à Pittsburgh, et fait partie du jury qui attribue le même prix à Picasso en 1930.

Henri Matisse séjourne ensuite aux États-Unis. Là, le collectionneur Albert Barnes lui commande une grande œuvre. À son retour à Nice, il peint la Danse, dont il réalisera trois versions en 1930 et 1933. Les deux premières versions n’ont jamais été terminées, car l’artiste  s’est trompé dans leur taille.

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Henri Matisse travaille ensuite à l’illustration du roman de James Joyce, Ulysse et aux décors et aux costumes de Rouge et noir pour les Ballets russes de Monte-Carlo (1934-1938).

 

En 1941, atteint d’un cancer, il est hospitalisé à la clinique du Parc de Lyon. Les médecins ne disent qu’il ne pourra vivre que six mois. Son infirmière accepte d’être son modèle.

Les papiers découpés

En 1945, une grande rétrospective Matisse est organisée au Salon d’automne de Paris après celle sur Picasso en 1944, et sur Braque, en 1943. Matisse réalise les cartons de tapisserie :  Polynésie, le Ciel et Polynésie, la Mer (1946).

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Alité, handicapé, mais « vivant », il ne peut plus peindre ou pratiquer des techniques qui demandent des diluants (eau ou huile).

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Il invente alors la technique des papiers découpés, qu’il peut, dans son lit, couper avec des ciseaux, papiers que ses assistants placent et collent aux endroits souhaités par l’artiste.

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Henri Matisse dans la chambre-atelier de l’ancien hôtel Régina sur la colline de Cimiez à Nice, assis dans son lit suite à une paralysie, dessinant sur les murs les figures de la chapelle de Vence avec un fusain fixé à une perche. (Photo by Walter Carone/Paris Match via Getty Images)

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Matisse et le jazz

Entre 1943 et 1947, Matisse travaille à l’élaboration de Jazz, un livre illustré, pour l’éditeur et critique d’art Tériade. Pour lui :

« Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs. Ce livre a été conçu dans cet esprit. »

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Le texte qui accompagne les illustrations est écrit et calligraphié par l’artiste lui-même, et constitue un texte théorique du peintre sur sa conception de l’art.

Le coffret Jazz à offrir ou à s’offrir

En accord avec la Fondation Matisse, et conformément à l’édition originale, Jazz n’est pas relié, mais constitué de 38 in-folios, rangés dans un coffret en toile. Les planches présentées, entrecoupées de pages d’écriture de l’artiste, sont inspirées du cirque, de la danse, du théâtre, du voyage. Un petit volume de 48 pages est inséré dans le coffret.

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  • Jazz d’Henri Matisse, coffret édité par les éditions de La Martinière, 2013, 100€.

 

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